Le missionnaire protestant François Coillard
a raconté la scène suivante dont il fut témoin
au début de son séjour au Zambèze.
Arrivant dans un village,
il vit réunie une foule nombreuse.

Il s'agissait, apprit-il,
de juger un homme qui avait maltraité
un serviteur du roi.
L'offensé était là,
et par une mimique expressive,
réclamait la mort du coupable.
La foule s'excitait
et poussait des cris féroces.
Le chef tendit le bras.
Il condamnait ainsi à mort le malheureux.

Mais François Coillard vit ce dernier
se lever d'un bond
et partir comme une flèche
en bousculant ceux qui voulaient le retenir.
Le missionnaire pensait qu'il serait vite rejoint
et que cette fuite serait inutile.
Il ne pouvait manquer
de tomber sous les coups de la foule excitée.
Mais le condamné,
lui, avait aperçu celui qu'on appelle
au Zambèze le "Natamaya",
c'est-à-dire "l'Intercesseur",
le sauveur du condamné.

La coutume voulait que
tout homme qui pouvait toucher
le "Natamaya"
et se réfugier sous les pans
de son long manteau,
avait la vie sauve.
Personne ne pouvait plus rien contre lui.

En effet, François Coillard
vit les poursuivants s'arrêter
dès que le coupable
eût touché le "Natamaya".
Il est émouvant de constater,
au sein de ces tribus païennes,
le besoin d'avoir un intercesseur.
Merveilleuse illustration du ministère du Christ,
auprès duquel,
tout pécheur trouve le pardon de ses fautes
et échappe au jugement.